Un récit d’aventure vif, un beau moment d’évasion qui nous immerge
dans ce pays au cœur de l’actualité pour ces catastrophes tant
climatiques qu’humanitaires.
ONO-DIT-BIOT Christophe, Birmane, Plon, 2007
La Birmanie fait l’actualité pour des raisons douloureuses :
répression des bonzes, typhon dévastateur, incurie et cynisme de la
junte militaire... Le roman de cet écrivain reporter qui a très
souvent arpenté le pays, nous y emmène, auréolé du Prix Interallié
2007.
Modeste journaliste dans un magazine parisien, César s’embarque sur
les traces d’un seigneur de l’opium. Il va croiser les pires
exploiteurs, les politiciens pourris, les patrons du sexe...
S’amouracher de Julie, une troublante doctoresse humanitaire et
s’enfoncer dans la jungle birmane à la recherche de Wei-Wei, la
Femme - Tigre qui commanderait la rébellion contre la dictature.
Bref, une histoire pleine de rebondissements qui contient tous les
ingrédients d’un bon divertissement.
C’est sûr, l’intrigue n’évite pas les clichés exotiques et les
personnages manquent d’une réelle épaisseur...
Une critique va jusqu’à parler de Tintin chez les Birmans.
Mais le rythme est vif et la langue moderne. De plus, l’auteur aime
ce pays et nous en dévoile par instants les territoires secrets, en
décrit avec poésie les richesses géographiques, précise en
connaisseur les singularités culturelles et religieuses méconnues
des occidentaux.
C’est pourquoi, sans bouder le plaisir d’un vivant récit d’aventure,
on goûtera ce moment d’évasion, en allant chercher à d’autres
sources autorisées une approche plus fouillée de l’enfer de ce
peuple bâillonné par un gouvernement malade et fou de pouvoir. Dans
ses limites et ses réussites, ce récit nous y invite.