Journal d’un lecteur
Gérard DURIEUX, fibbc
Des pages conviviales et éclectiques de ce passeur de textes,
"citoyen du monde" qui invite à lire intimement, à penser ample et à
vivre dans l’intense !
MANGUEL Alberto, Journal d’un lecteur, Babel 746, 2004
Entre Juin 2002 et Mai 2003, A. MANGUEL décide de relire chaque
mois un de ses livres de prédilection. Ce critique foisonnant,
essayiste et romancier, converse ici avec les plus grands : Kipling,
Conan Doyle, Goethe, Cervantès, Buzzati... Après Une histoire de
la lecture (2000) et avant La Bibliothèque, la nuit
(2006), c’est un régal que ces notes érudites, légères et
souriantes.
Chaque œuvre suscite en effet « un dialogue imaginaire »
riche de souvenirs littéraires, d’associations libres, d’anecdotes,
de citations, de réflexions sur l’actualité internationale ou la
société, de digressions sur l’Art, de confidences qui donnent au
texte l’allure d’un journal intime. L’humour familier de ces
pages invite à participer à notre tour au vaste « commentaire » que
constituent ces lectures en réseau, à nous immiscer au cœur de cet
échange secret entre un lecteur et un auteur. A en inaugurer de
nouveaux.
C’est que la confondante culture de l’auteur éveille sans écraser.
Le propos n’est pas celui d’un spécialiste reclus. C’est la parole
d’un « citoyen du monde », argentin naturalisé canadien, vivant en
Poitou, polyglotte, voyageur infatigable, immensément curieux.
Le livre, pour l’intellectuel qu’est MANGUEL,
ouvre sur le monde.
Si la lecture est une tâche confortable, solitaire, lente et
sensuelle, elle est aussi et surtout un « commentaire » qui incite à
exister, à regarder à neuf le « triste chaos du monde ». Et « la
bibliothèque est un reflet du monde, mais un reflet optimiste,
réorganisé, repensé pour lui donner une structure narrative ». Car
même s’il se peut que les livres ne changent rien à nos souffrances,
ils nous offrent pourtant, assure cet « animal lecteur
cosmopolite », la possibilité d’une illumination. Chaque lecteur
se découvrant ainsi en quête « d’une ombre de compréhension ».
Les pages de ce passeur de textes, convivial et éclectique,
invitent à lire intimement, à penser ample, à vivre dans l’intense.
Assurément, elles font ce qu’elles disent, opèrent en nous
l’élargissement des horizons qu’elles invoquent.
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